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News
04.04.2000 :
Deutsche
Telekom fixe un prix de 32 euros pour T-Online
(Par
André Vallana,
Berlin
du journal "Le Temps")
La
folie boursière en Allemagne a fait place à de nombreuses
interrogations. «Peut-on devenir riche avec Robert?» se demandait
«Der Spiegel», Robert étant la mascotte de T-Online. A 50 euros,
la filiale Internet aurait été évaluée au prix de Deutsche
Telekom en 1996
La
rumeur avait laissé supposer un prix bien plus élevé. C'est
pourtant une fourchette de 26 à 32 euros que Deutsche Telekom a
annoncée hier pour le placement de 10% du capital de sa filiale
Internet T-Online. Le délai de souscription courra jusqu'au 12
avril et la nouvelle société sera cotée à partir du 17 avril au
Nouveau Marché allemand. Dans l'euphorie de placements précédents
et de l'évolution des titres Internet, les responsables de Deutsche
Telekom avaient laissé entendre jusqu'à la fin de la semaine passée
que les prix pourraient atteindre 50 euros. Il n'en fut rien. Les
mouvements de la Bourse de la semaine passée – les valeurs
technologiques ont été fortement chahutées – ont apparemment eu
une incidence sur la fixation de la fourchette.
Alors qu'il y a 15 jours seulement, les journaux allemands
poussaient leurs lecteurs à se ruer sur les nouvelles actions,
ceux-ci sont devenus beaucoup plus prudents depuis la fin de la
semaine passée. La chute de la Bourse s'est d'ailleurs poursuivie
hier: l'indice du nouveau marché, le Nemax, a reculé de 6,7% et
les valeurs technologiques du DAX ont également fortement chuté.
Deutsche Telekom a reculé hier de 9,5% alors que le fabricant de
software SAP perdait 6%. Dans son ensemble, le DAX a reculé de
2,1%.
Le doute s'installe
En très peu de temps, la folie boursière en Allemagne a fait place
à de nombreuses interrogations. «Peut-on devenir riche avec
Robert?» se demandait le Spiegel, Robert étant la mascotte de
T-Online. Le personnage est présent dans tous les journaux
allemands: les images d'un acteur de Hambourg ont été digitalisées
et le jeune homme cravaté aux cheveux blonds et aux yeux bleus
s'affiche en pleines pages dans les publicités de T-Online: «Je
suis un Insider de l'Internet et j'ai plein de conseils pour un
investissement de haute qualité», explique-t-il aux lecteurs.
Les rumeurs d'un prix allant jusqu'à 50 euros étaient totalement
infondées. A ce niveau, la filiale Internet de Deutsche Telekom
aurait été évaluée au prix de l'ancien monopoliste allemand lors
de son entrée en Bourse en 1996. Beaucoup d'analystes estiment
ainsi que n'importe quel chiffre au-dessus de 35 euros n'était tout
simplement pas réaliste.
«La valeur de la société dépend beaucoup des parts de marché et
de la croissance de l'entreprise», explique Joeri Sels, de la
banque Julius Bär à Francfort. T-Online compte aujourd'hui 4,7
millions de clients en Allemagne et, chaque mois, la société
compte près de 250 000 nouveaux abonnés. Après avoir énervé
beaucoup de clients à ses débuts – les lignes étaient surchargées
– T-Online a réussi depuis lors à se donner l'image d'un serveur
de qualité.
C'est la seule entreprise qui ait reçu de la société des
consommateurs allemands «Warentest» la mention «très bien». La
société est pourtant encore dans les chiffres rouges et ne devrait
pas en sortir avant 2003. T-Online est le successeur d'une filiale
de Deutsche Telekom créée en 1983 pour commercialiser les services
d'un service en réseau baptisé «Bildschirmtext» (BTX).
C'est avec Internet que la société a véritablement pris son
essor. Aujourd'hui, en nombre de clients, T-Online est le leader
européen. La société est principalement active en Allemagne, elle
compte pourtant se développer dans toute l'Europe. Elle vient ainsi
de reprendre le réseau français Club Internet (320 000 abonnés)
et veut ouvrir un accès séparé en Autriche. Deutsche Telekom
compte en fait sur les recettes du placement en Bourse (entre 2,6 et
3,2 milliards d'euros) pour pouvoir réaliser de nouvelles
acquisitions.
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