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News 11.04.2000 :  

Ericsson dément avoir organisé une opération «jeu de l'avion» sur Internet

(Par Didier Pradervand du journal "Le Temps")

Un e-mail à renvoyer plusieurs fois pour gagner un téléphone portable. Arnaque sur le Net, répond le fabricant

Quand j'étais petit, je recevais des lettres à renvoyer à cinq, dix exemplaires. En retour, on me promettait une merveilleuse collection de cartes postales, de l'argent ou simplement d'échapper au mauvais œil.
Aujourd'hui et grâce à Internet je reçois toujours le même genre de courrier, mais cette fois, je pourrai recevoir gratuitement, m'écrit-on, un téléphone portable de marque Ericsson.
Pour cela, il faut faire suivre l'e-mail à huit personnes (modèle standard) ou à vingt (modèle dernier cri) avec évidemment une copie à la responsable promotion du groupe à Stockholm. Hélas! Un saut sur le site du groupe a suffi: «La chaîne de lettres est une fraude. Ericsson ne distribue aucun téléphone gratuitement.» Pire, selon la prise de position datée de lundi, Anna Swelund, la signatrice de ce courrier plein de promesses, ne fait même pas partie des collaborateurs du groupe.
«C'est la deuxième fois que nous somme la cible d'une telle opération de «spamming» (inonder les internautes ou les entreprises de messages inutiles ou publicitaires), explique Anne-Cathrine Krantz, chargée de presse. Nous avons reçu quelques milliers de message auxquels, et depuis jeudi dernier, nous répondons avec un formulaire standard.» Pour ce qui est des suites pénales (les services juridiques et techniques du groupe tentent de tracer l'origine de la chaîne): «Nous n'avons encore rien décidé, d'autant que nous n'avons pas subi de réel préjudice», concède la porte-parole.
En pratique, nombre de législations achoppent sur cette problématique des dommages. Exemple en Suisse: «Nous n'avons pas vraiment planché sur ce genre de cas, explique le juge Jean Treccani, spécialiste du Web. La poursuite pénale serait, je dis bien serait, envisageable au nom de la détérioration de données (article 144 bis du Code Pénal), mais il faudrait alors que le plaignant prouve que face à l'abondance des messages reçus, il ait été incapable de repérer ou de retrouver les messages sérieux, et qu'en plus, l'auteur initial du système ait été identifié.»
Avec quelques milliers de messages, Ericsson n'y arrivera certainement pas. Et moi, je n'aurai pas de téléphone portable gratuit!

 

 

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