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News
15.04.2000 :
Swisscom
veut faire entrer en Bourse sa division «mobile»
(Par
Emmanuelle Brossin, Zurich du journal "Le Temps")
La
troisième génération de téléphones mobiles arrive et l'opérateur
a besoin de nouvelles sources de financement pour acquérir une
licence. Après l'entrée en Bourse de Blue Window, prévue pour le
deuxième semestre, Swisscom Mobile pourrait faire de même
Swisscom veut faire entrer en Bourse sa division mobile. «Nous réfléchissons
sérieusement à cette éventualité», a indiqué hier Markus Rauh,
président du conseil d'administration. Mais le calendrier n'est pas
fixé et un projet plus détaillé pourrait être présenté cet été
aux actionnaires.
Leader sur le marché suisse de la téléphonie mobile, avec près
de 2,5 millions de clients, Swisscom n'entend pas lâcher cet os
profitable, fer de lance de sa croissance. Cette année, une troisième
génération de téléphones mobiles sera introduite avec le système
UMTS (Universal Mobile Telephone System). Mais l'acquisition d'une
telle licence et la mise sur pied de l'infrastructure nécessaire coûtent
cher. Swisscom en veut pour preuve ce qui se passe en Angleterre où
cinq licences UMTS sont actuellement mises aux enchères. Hier, le
meilleur prix se situait autour des 5 milliards de livres (13
milliards de francs). Swisscom, qui va se mettre sur les rangs pour
acquérir une licence UMTS en Suisse et en Allemagne, doit dès lors
se procurer des moyens financiers importants.
Dans cette optique, l'opérateur a déjà annoncé qu'il mettra sur
le marché, normalement au deuxième semestre, sa filiale Internet
Blue Window. Swisscom restera toutefois actionnaire majoritaire, ce
qu'il envisage également pour sa division mobile. L'an dernier,
Blue Window a connu un développement fulgurant, s'est réjoui Jens
Alder, patron de Swisscom. En un an, la clientèle a plus que doublé.
Actuellement, Blue Window compte 450 000 clients et s'est récemment
allié avec TA-Media et Bol Suisse, l'entreprise de commerce électronique
de Bertelsmann. En Europe, plusieurs opérateurs ont déjà mis en
Bourse leur filiale Internet ou sont en passe de le faire. T-Online,
filiale de Deutsche Telekom, sera cotée dès lundi. Par contre,
seule Telecom Italia a déjà sa division mobile en Bourse.
L'espagnole Telefonica est en train de réunir sous un même toit
toutes ses filiales «mobile» dans la même optique.
Un développement très important
«La mise sur le marché de la division mobile de Swisscom ne
devrait pas changer la valeur de l'opérateur, mais elle permettra
aux investisseurs de participer directement à la croissance de la téléphonie
mobile», souligne un analyste. Il estime par ailleurs qu'il faudra
entre neuf à douze mois pour préparer l'unité à une entrée en
Bourse.
Pour Swisscom, le développement des activités mobiles est très
important. L'an dernier, la libéralisation du marché des télécommunications
a déployé ses effets et entraîné un durcissement de la
concurrence, un effondrement des prix et une érosion des bénéfices.
En 1999, le bénéfice opérationnel a ainsi reculé de 4% à 2,74
milliards de francs (lire LT du 23 mars), la forte croissance dans
la communication mobile n'ayant pas réussi à compenser le recul
enregistré dans la communication fixe. Et si le bénéfice net a
bondi de 54% à 2,4 milliards, c'est grâce aux recettes
extraordinaires des sociétés associées.
Cette année, Swisscom s'attend à un nouveau recul du bénéfice opérationnel.
Le chiffre d'affaires devrait progresser sensiblement grâce à la
consolidation de Debitel, l'entreprise allemande de téléphonie
mobile dont Swisscom a acquis en automne dernier 74% du capital.
L'opérateur table par ailleurs sur une nouvelle augmentation du bénéfice
net grâce à des opérations extraordinaires telles que la vente de
la participation dans Cablecom qui devrait rapporter 1,3 milliard de
francs et la réalisation d'une partie du parc immobilier.
Si l'entrée en Bourse des divisions de Swisscom est une bonne
solution pour avoir accès au capital, elle ne résout toutefois pas
ses problèmes de taille. A l'instar de Swissair, l'entreprise helvétique
est bien petite dans l'environnement européen. «Swisscom a besoin
d'un partenariat puissant», indique un analyste. Ce n'est pas
Markus Rauh qui dira le contraire. Jeudi, il a vivement attaqué la
loi sur l'entreprise de télécommunications (LET). Celle-ci, qui prévoit
une participation majoritaire de la Confédération dans Swisscom, a
en effet le don d'agacer les dirigeants de l'opérateur qui réclament
purement et simplement son abrogation.
Une proposition que rejette avec véhémence le Syndicat de la
Communication. Mais, relève le président du conseil
d'administration, «au train où avance la consolidation du secteur,
il est peu probable que Swisscom puisse tirer son épingle du jeu en
restant indépendante. Or, il est vital que nous disposions d'une
marge de manœuvre suffisante pour pouvoir nous associer assez tôt
avec des partenaires compétents.»
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