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15.04.2000 :
Swisscom
veut une privatisation totale
L'effondrement
du prix du coup de fil fragilise l'opérateur. Dans le secteur de la
téléphonie fixe, le groupe voit son chiffre d'affaires reculer
tant dans les communications nationales qu'internationales.
(ZURICH / PHILIPPE RODRIK du journal "24heures")
Chez Swisscom, la téléphonie
fixe souffre. Dans ce secteur, les revenus nets du principal opérateur
du pays accusent un recul d'environ 15%, en se fixant à 5,7
milliards de francs suisses. Le chiffre d'affaires recule d'environ
16,5% dans les communications nationales, et de 36% dans les
communications internationales. S'estimant limité dans sa marge de
manoeuvre pour envisager des partenariats, l'opérateur réclame une
privatisation totale (lire encadré).
Bien sûr, Swisscom réalise
un chiffre d'affaires de 11,6 milliards de francs, en hausse de
6,7%. Et son bénéfice net bondit de près de 54%, atteignant 2,39
milliards. Mais cela ne change rien. Quelque 2300 emplois ont été
supprimés en 1999 et le président de la direction, Jens Alder,
confirme 3000 suppressions de postes et 3000 externalisations d'ici
à 2003: «Il s'agit d'une balance entre le nécessaire et le
faisable.»
Les milliers de
collaborateurs directement liés au domaine de la téléphonie fixe
paraissent de loin les plus menacés. Le temps cumulé des vrais
coups de fil a diminué l'an dernier d'environ 8% et le prix des
communication s'effondre. «En mars dernier, nous avons encore baissé
nos tarifs jusqu'à 70%», rappelle Jens Alder. De son côté, la téléphonie
mobile emploie moins de 2000 personnes sur près de 20 000
collaborateurs. Le chiffre d'affaires de ce secteur s'est élevé à
2,34 milliards de francs, progressant ainsi de 30,9%. «C'est clair,
dans la téléphonie mobile, nous atteignons un degré de
productivité nettement supérieur à celui de la téléphonie fixe.
Les activités techniques y sont beaucoup plus concentrées», note
le porte-parole du groupe, Jacques Bettex.
Mise
en Bourse du mobile
Le président du conseil
d'administration, Markus Rauh, condamne encore plus le bon vieux téléphone:
«La popularité de la téléphonie mobile ne cesse de croître au détriment
de la téléphonie fixe.» Et Jens Alder de rajouter: «Nous ne
sommes pas parvenus à compenser pleinement les pertes de la
communication fixe avec la forte croissance de la communication
mobile.» Alea jacta est! Une société Swisscom Mobile doit naître
et entrer en Bourse. Swisscom en resterait l'actionnaire
majoritaire. Le succès de l'opération similaire réalisée récemment
par Deutsche Telekom, avec T-Mobile, ne peut qu'encourager les Helvètes.
La cotation de Swisscom
Mobile faciliterait, selon Markus Rauh, l'apport de fonds nécessaires
pour l'acquisition d'une licence UMTS, la troisième génération
des télécommunications mobiles. «Elles sont très chères.
Avant-hier, lors des 110es enchères d'Angleterre, le prix se
situait à 4,247 milliards de livres», indique le président du
conseil d'administration.
Actions
en cadeau
Swisscom convoite
toutefois davantage une licence UMTS allemande, achetée par
l'entremise de Debitel. Cette filiale allemande, dont l'ex-Télécom
PTT détient actuellement 74% du capital, devient le pivot central
des activités de Swisscom à l'étranger. Debitel devrait
d'ailleurs jouer un rôle croissant dans la marche des affaires de
Swisscom, car Jens Alder estime le résultat d'exploitation et les
perspectives de croissance condamnés à la baisse sur le marché
national.
Le patron ne doute
cependant pas d'une nouvelle hausse du bénéfice net en l'an 2000,
notamment réalisée par la vente d'immeubles et des parts du
capital de Cablecom. Swisscom en détient le tiers. Un processus de
désinvestissement avait aussi participé considérablement aux résultats
de 1999. Le groupe a ainsi abandonné, entre autres, ses
participations non stratégiques en Inde, Malaisie, Hongrie et Tchéquie.
Ces opérations lui auraient permis d'obtenir «une plus-value de
plusieurs milliards de francs». Dans cet environnement, les temps
sont donc très durs pour beaucoup d'employés de Swisscom. Mais la
direction tient à les soutenir moralement. Elle leur offre trois
actions à chacun...
P.
Rk.
Berne
doit se retirer
«Non, je ne fais pas de
politique. Je ne peux pas, je ne suis pas politicien», répétait
à l'envi le patron de Swisscom, Jens Alder. Le disciple de Ernst
Thomke et Markus Rauh ne faisaient pourtant pas mystère de leurs
intentions. Ils tenteront tout pour amener les pouvoirs politiques
à modifier la loi imposant la Confédération comme actionnaire
majoritaire. Elle détient à ce jour 65,6% du capital. Jens Alder:
«Swisscom doit faire face aux obligations qui lui sont imposées
par les autorités de régulation. Or ces dernières visent en fait
à lui faire perdre des parts de marché et réduisent sa marge de
manoeuvre.»
Le président prend le
relais: «Les obligations légales faites à Swisscom sont largement
responsables de l'évolution relativement décevante de notre titre.
En plus, notre entreprise est trop petite pour rester indépendante.
Aucune fusion n'est en vue, mais nous réfléchissons sur des coopérations.
Et si la Confédération demeure l'actionnaire majoritaire, nous ne
pouvons pas envisager des contacts avec des partenaires potentiels.»
P. Rk.
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